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Pépite - Denier tournois fauté

Note autour d’un denier tournois fauté


Avers :

X※ER SVCIVODVD


Revers :

XTVRONV.S. CIVIS.


Masse : 0,98 gramme

Diamètre : 22 mm




Intérêt et effet de rareté triple :


- le X cantonné de 4 points : ※


Ce denier s’inscrit dans la série des monnaies possédant cette caractéristiques, quelles soient royales ou d’imitation. Nous avons en effet des Gros tournois pour Philippe le Bel (1285-1314) et d’autres avec une titulature LVDOVICVS que la plupart des auteurs attribuent à Louis IX. Il existe également de très rares oboles, et une tout aussi rare maille tierce au nom du roi Philippe IV le Bel.



Il a circulé par ailleurs des Gros tournois d’imitation avec cette même spécificité ; copies ou contrefaçons (soit contemporaines, soit ultérieures, et dont l’origine peut être sous toute vraisemblance située en Flandres ou dans les Etats limitrophes à l’empire).


Si les Gros tournois du roi de France se retrouvent assez facilement, les deniers sont particulièrement rares.


Edouard Van Hende estimait pour sa part que ces monnaies étaient issues de Lille. Le X cantonné de quatre points rappelant le motif des deniers de Flandres. Mais, ce sujet doit être approfondi.

Pour rappel, Lille fut temporairement conquis par Philippe le Bel 1297. L’atelier de Tournai était royal.





- légende d’avers fautée

Le deuxième intérêt de cette monnaie est la faute au niveau du nom du roi puisque la titulature est DVDOVICVS au lieu de LVDOVICVS


Eu égard au caractère relativement grossier et à l’empâtement de la graphie, on peut s’orienter vers une fabrication parallèle au monnayage royal.




- légende d’avers inversée

Le dernier et plus spectaculaire intérêt de notre exemplaire se résume dans sa gravure inversée. Ceci est l’occasion de nous pencher sur le travail du graveur.


Les coins devaient en effet être gravés à l’envers pour que l’empreinte du flan et la légende apparaissent à l’endroit.



Gravure du coin




On commence par faire deux cercles au compas sur le coin. On empreinte ensuite le grenetis sur les cercles, puis les motifs tels le châtel central et la croix. La légende commence toujours par la petite croisette à la suite de laquelle se déroule le texte de gauche à droite et de manière inversée.

Le graveur vérifie normalement régulièrement leur travail accompli sur une boule de glaise.


Il est à noter que si des lettres comme le T , le I, le V ou le X n’ont pas de sens de lecture et ne posent pas de problème particulier quand on les grave, il en va différemment pour d’autres comme le S, le N, le L, le D le C ou le E.



Empreinte normale



Dans le cas présent, le graveur du coin d’avers a travaillé dans le sens de la lecture ce qui a donné une empreinte inversée.


Est-ce par étourderie ? cela apparaît peu probable car il ne se serait rendu compte à aucun moment de son erreur. Ne serait-ce qu’en vérifiant l’évolution de la gravure avec une boule de glaise.

Est-ce par manque d’expérience comme pourrait en faire montre un graveur débutant ? Est-ce par amateurisme comme dans un atelier clandestin ?


Il y a de grandes chances que cette dernière option soit à retenir si on renvoie au fait que la titulature est erronée, et que toute la légende est inversée.


Le plus troublant est que le revers est correctement gravé. Les deux coins l’ont-ils été par des graveurs différents ? ou est-ce parce que la gravure de coins était onéreuse, que celui d’avers n’a pas été recréé ?



Ce type de monnaie contient - en tout cas - une dimension humaine plus prononcée que n’importe quelle autre car elle renvoie directement à la personne qui l’a produite au début du XIVème siècle.

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